TOUTE L’EUROPE MARCHE A LA MORT ! - SOUS L'ACACIA

TOUTE L’EUROPE MARCHE A LA MORT !

TOUTE L’EUROPE MARCHE A LA MORT !
Jean RASPAIL dans le Figaro n°18619 du jeudi 17 juin 2004 :
La Patrie trahie par la République.
 
                      TOUTE L’EUROPE MARCHE A LA MORT !
 
Jean RASPAIL, écrivain  français  n. en 1925, c'est tardivement qu'il  se  met l'écriture, bien que la vocation l'ait taraudé dès le lycée, mais la lecture de son premier roman de jeunesse, jugé négativement par un académicien ami de son père, le bloquera pendant des années.
 
Pendant  ses  vingt  premières  années  de  carrière,  il  court  le  monde à la découverte  de  populations menacées par la confrontation avec la modernité. En 1973 il s'autorise enfin à venir au roman et écrit son  oeuvre  phare,  Le Camp des saints,  dans  lequel  l'écrivain  décrit  la  submersion de la France par l'échouage sur la Côte d'Azur d'une flotte de bateaux en ruine venue  d'Inde, chargée de réfugiés. A partir  de  ce  moment-la, Jean Raspail écrira un  grand nombre de  romans couronnés de succès; il s'inscrit dans la famille de romanciers comme Roger Nimier, Dino Buzzati et Michel Dion.
 
* * *
 
J’ai tourné autour de ce thème comme un maître-chien mis en présence d’un colis piégé. Difficile de l’aborder de front sans qu’il vous explose à la figure. Il y a péril de mort civile. C’est pourtant l’interrogation capitale. J’ai hésité d’autant plus qu’en 1973, en publiant « Le Camp des  saints »  j’ai déjà à peu près tout dit la-dessus. Je n’ai  pas grand-chose à  ajouter, sinon que je crois que les carottes sont cuites.
 
Car je suis persuadé que notre destin de Français est scellé, « Parce qu’ils sont chez   eux chez moi » (Mitterrand) au sein d’une Europe dont les racines sont autant musulmanes que chrétiennes. (Chirac), parce que la situation est irréversible jusqu’au basculement définitif des années 2050 qui verra les « Français de souche » se compter seulement la moitié la plus âgée de la population du pays, le reste  étant  composé d’Africains, Maghrébins ou Noirs et d’Asiatiques de toutes  les provenances issus du réservoir inépuisable du tiers monde, avec forte dominante de l’Islam, djihadistes et fondamentalistes  compris, cette danse-là ne faisant que commencer.
 
La  France n’est  pas  la  seule  concernée. Toute l’Europe marche à la mort.  
Les  avertissements ne manquent  par  rapport  de  l’ONU (qui s’en réjouit),  travaux  incontournables de Jean-Jacques Chesnais et Jacques Dupâquier, notamment, mais ils sont systématiquement occultés et l’INED  ( Institut National d’Etudes Démographiques ) pousse  
à la désinformation. Le silence quasi sépulcral des médias, des gouvernements et des institutions communautaires sur le krach démographique de l’Europe des Quinze est l’un des phénomènes les plus sidérants de notre époque. 
 
Quand il y a une naissance dans ma famille ou chez mes amis, je ne puis regarder                    ce bébé de chez nous sans songer à ce qui se prépare pour lui dans l’incurie des « gouvernances » et qu’il lui faudra affronter dans son âge d’homme…
Sans compter que les « Français de souche » matraqués par le tam-tam lancinant des  droits de l’homme, de l’accueil à l’autre, du  « partage », cher à vos évêques, etc.,  encadrés par tout un arsenal répressif de lois dites « antiracistes », conditionnés dès                  la  petite enfance au « métissage » culturel et comportemental,  aux  impératifs de la « France plurielle » et à toutes les dérives  de l’antique charité chrétienne, n’auront plus  d’autres  ressources que de baisser les bras et de se fondre sans moufter dans le nouveau moule « citoyen » du Français de 2050. 
 
Ne désespérons tout de même pas. Assurément, il subsistera ce qu’on  appelle  en  ethnologie des isolats, de puissantes minorités, peut-être une quinzaine de millions de 
Français et pas nécessairement tous de race blanche qui parleront encore notre langue dans son intégrité, à peut près sauvée et s’obstineront à rester imprégnés de notre culture et de notre histoire telles qu’elles nos ont été transmises de génération en génération.
Cela ne leur sera pas facile. 
 
Face aux différentes « communautés » qu’on voit se  former dès aujourd’hui sur les ruines de l’intégration (ou plutôt sur son inversion progressive) c’est nous qu’on intègre « à l’autre » à présent, et plus le contraire) et qui en 2050 seront définitivement et sans  doute institutionnellement installées, il s’agira en quelque sorte, je cherche un terme approprié, d’une communauté de la pérennité française. Celle-ci s’appuiera sur ses familles, sa natalité, son endogamie de survie, ses écoles, ses réseaux parallèles de solidarité, peut-être même ses zones géographiques, ses portions de territoire, ses  quartiers, voire ses places de sûreté, et, pourquoi pas, sa foi chrétienne et catholique  avec un peu de chance si ce ciment-là tient encore.
 
Cela ne plaira pas. Le clash surviendra un moment ou l’autre. Quelque chose comme l’élimination des koulaks par des moyens légaux appropriés. Et ensuite ? 
 
Ensuite la France ne sera plus peuplée, toutes origines confondues, que par des bernard-l’ermite qui  vivront dans des coquilles abandonnées par  les représentants d’une espèce à jamais disparue qui s’appelait l’espèce française et n’annonçait en rien, par on ne sait qu’elle métamorphose génétique, celle qui dans la seconde moitié du siècle se sera affublée de ce nom. Ce processus est déjà amorcé. 
 
Il existe une seconde hypothèse que je ne saurais formuler autrement qu’en privé et qui nécessiterait auparavant que je consultasse mon avocat, c’est que les derniers isolats résistent jusqu’à s’engager dans une sorte de « reconquista » sans doute différente de  l’espagnole mais s’inspirant de mêmes motifs. Il y aurait un roman périlleux à écrire là-dessus. 
 
Ce n’est pas moi qui m’en chargerai, j’ai déjà donné. Son auteur n’est probablement  pas encore né, mais ce livre verra le jour à point nommé, j’en suis sûr.
 
Ce que je ne parviens pas à comprendre et qui me plonge dans un abîme de perplexité navrée, c’est pourquoi et comment tant de Français avertis et tant d’hommes politiques  français concourent sciemment, méthodiquement, je n’ose dire cyniquement, à  l’immolation d’une certaine France ( évitons le qualitatif d’éternelle qui révulse                   les belles consciences) sur l’autel de l’humanisme utopique exacerbé.  
 
Je me pose la même question à propos de toutes ces associations omniprésentes de  droits de ceci, de droits de cela, et toutes ces ligues, ces sociétés de pensée, ces  officines subventionnées, ces réseaux de manipulateurs infiltrés dans tous  les rouages de l’Etat   (éducation, magistrature, partis politiques, syndicats, etc.), ces pétitionnaires 
innombrables, ces médias correctement consensuels et tous ces « intelligents » qui    jour  après jour et impunément inoculent leur substance anesthésiante dans l’organisme encore sain de la nation française.
 
Même si je peux, à la  limite, les créditer d’une part de sincérité, il m’arrive d’avoir             de  la peine à admettre que ce sont mes compatriotes. J’aimerai prendre le mot renégat, mais il y a une autre explication. Ils confondent la France avec la République. 
 
Les « Valeurs républicaines » se déclinent à l’infini, on le sait jusqu’à la satiété, mais  sans jamais de référence à la France. Or la France est d’abord une  patrie charnelle.     En revanche, la République, qui n’est qu’une forme de gouvernement, est synonyme pour eux d’idéologie avec un grand « I », l’idéologie majeure. 
 
Il me semble, en quelque sorte, qu’ils trahissent la première pour la seconde. Parmi le flot de référence que j’accumule en épais dossiers à l’appui de ce bilan, en voici une  qui sous des dehors bon enfant éclaire bien l’étendue des dégâts. 
 
Elle est extraite d’un discours de Laurent Fabius au congrès socialiste de Dijon, 
le 17 mai 2003 : « Quand la Marianne de nos mairies prendra le beau visage d’une jeune Française issue de l’immigration, ce jour-là, la France aura franchi un pas en faisant vivre pleinement les valeurs de la République »
 
Puisque  nous  en sommes aux  citations,  en  voici  deux,  pour  conclure : « Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d’être humains qui partiront un jour de la patrie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie. (Président Boumediene, mars 1974)
 
Et celle-là, tirée du 20ème chant de l’Apocalypse : « Le temps des mille ans s’achève. Voilà que sortent les nations qui sont aux quatre coins de la terre et qui égalent en nombre le sable de la mer. Elles partiront en expédition sur la surface de la terre, elles investiront le camp des saints et la ville bien-aimée »
 
 
 
 

Le camp des saints

Le camp des saints de Jean Raspail

Œuvre majeure de Jean Raspail, Le Camp des Saints fut rédigé en 1973. Œuvre prophétique, il y a plus de 25 ans, "ce livre terrible" se présente aujourd'hui comme une œuvre d'actualité : "Si prophétie il y a, cette prophétie, nous en vivons aujourd'hui les prémices." Elle pose l'unique question qui importe : que faire?

"Que faire, puisque nul ne saurait renoncer à sa dignité d'homme au prix d'un acquiescement au racisme? Que faire, puisque dans le même temps, tout homme - et toute nation - a le droit sacré de préserver ses différences et son identité au nom de son avenir et au nom de son passé?"

"Lorsqu'on sait ce que représente une génération aujourd'hui dans nos vieux pays d'Europe, génération-croupion à l'image de la famille-croupion et de la nation-croupion, on a le cœur serré d'avance et saisi de découragement. Il suffit de se reporter aux effrayantes prévisions démographiques pour les trente prochaines années, et celles que je vais citer nous sont les plus favorables : cernés au milieu de sept milliards d'hommes, sept cents millions de Blancs seulement, dont un tiers à peine et pas frais, très vieilli, sur notre petite Europe, face à une avant-garde de près de quatre cents millions de Maghrébins et de musulmans, dont cinquante pour cent de moins de vingt ans, sur les rives opposées de la Méditerranée et précédant le reste du monde! Peut-on imaginer une seconde et au nom de quel aveuglement d'autruche la survie de ce déséquilibre?"

"Car l'Occident est vide, même s'il n'en a pas encore et véritablement conscience. Civilisation extraordinairement inventive, certainement la seule à être capable de relever les insurmontables défis du troisième millénaire, l'Occident n'a plus d'âme. A l'échelle des nations, des races et des cultures, comme à celle de l'individu, c'est toujours l'âme qui gagne les combats décisifs. C'est elle et elle seule qui forme la trame d'or et d'airain dont sont faits les boucliers qui sauvent les peuples forts. Je ne distingue plus guère d'âme chez nous. A regarder par exemple mon propre pays, la France, il me vient souvent l'impression, comme dans un mauvais rêve éveillé, que bien des Français "de souche", aujourd'hui, ne sont plus que des bernard-l'ermite qui vivent dans des coquilles abandonnées par les représentants d'une espèce à présent disparue, qui s'appelait l'espèce française et n'annonçait en rien, par on ne sait quel mystère génétique, celle qui s'est en cette fin de siècle affublée de ce nom. Ils se contentent de durer."

"Mais le tout petit bourgeois sourd et aveugle reste bouffon sans le savoir. Encore miraculeusement à l'aise dans ses grasses prairies d'Occident, il crie en louchant sur son plus proche voisin : "Faites payer les riches!" Le sait-il seulement, mais enfin le sait-il! que le riche c'est précisément lui, et que ce cri de justice, ce cri de toutes les révoltes, hurlé par des milliards de voix, c'est contre lui et contre lui seul que bientôt il s'élèvera. C'est tout le thème du Camp des Saints.

Alors que faire?

Je suis romancier. Je n'ai pas de théorie, pas de système ni d'idéologie à proposer ou à défendre. Il me semble seulement qu'une seule alternative se présente à nous : apprendre le courage résigné d'être pauvre ou retrouver l'inflexible courage d'être riches. dans les deux cas, la charité dite chrétienne se révélera impuissante. Ces temps-là seront cruels."