Le symbole de l'abeille - SOUS L'ACACIA

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La ruche accueille les abeilles. Elles y construisent leur nid pour élever leur progéniture et entreposer le miel pour l'hiver suivant, selon un rythme de vie bien défini, autour d'une reine.

La ruche abrite l'abeille qui élabore le miel. Symbole idéalisé d'une société parfaitement organisée; sorte de paradis terrestre utopique. Et le miel, produit de cette ruche humaine idéale, serait en quelque sorte le salaire payé à l'homme pour ses vertus et qualités. Dieu n'annonça-t-il pas à Moïse que la Terre promise de Canaan ruisselle de lait et de miel" (Exode III, 8).

 

Et pourtant, ce miel recèle des particularités de saveur et d'aspect très variés. Principalement à cause de sa situation géographie. Non seulement chaque continent produit des miels spécifiques, mais chaque terroir est également déterminant. Chez nous par exemple, l’abeille élabore

▪ Le miel de robinier faux-acacia dit miel d’acacia à saveur douce, est liquide, clair et ne cristallise pas.

▪ Le miel de châtaignier au goût corsé, amer, est visqueux et plus ou moins sombre selon qu'il provient de nectar ou de miellat.

▪ Le miel de lavande, très parfumé, de couleur crème présente une granulation très fine.

▪ Le miel de colza, avec une légère saveur de chou, est de couleur claire, il cristallise rapidement en raison d'une forte teneur en glucose.

▪ Le miel de sarrasin ou blé noir, corsé, de couleur brune est emblématique du terroir breton.

▪ Les miels de garrigue et de montagne sont toutes fleurs, leur saveur et leur aspect dépendent de leurs terroirs.

▪ Le miel de trefle, produit à partir de ces derniers, miel blanc.

▪ Le miel de bleuet, à partir des fleurs de bleuet.

▪ Le miel de tournesol, de couleur doré, jaune moutarde à saveur typique et unique.

 

Le goût originel du miel du jardin d'Eden semble donc fortement transfiguré selon les cultures dont il est issu, Non?

 

 

Mythologie de l'abeille et du miel

Depuis la nuit des temps, le miel et l'abeille font partie des grands mythes de l'humanité et sont d'une richesse symbolique extraordinaire. 

La naissance des abeilles : 

Pour les Grecs tous les phénomènes de la nature étaient d'origine divine. Les abeilles exerçaient une véritable fascination et leur origine mystérieuse s'inspire de la légende d'Aristée : Aristée, fils du dieu Apollon, possédait un rucher. Mais il voulut séduire Eurydice, l'épouse d'Orphée, et celle-ci, en échappant à ses avances, mourut d'une morsure de serpent. Orphée pour se venger détruisit le rucher d'Aristée. Pour calmer la colère des Dieux couroucés par sa faute, Aristée sacrifia quatre taureaux et quatre génisses: de leurs entrailles surgirent de nouveaux essaims grâce auxquels Aristée reconstitua son rucher et put enseigner l'apiculture aux hommes. Cette légende est racontée par Virgile, le grand poète latin, dans les célèbres Géorgiques. Tout comme les Grecs anciens, il pensait que les abeilles naissaient spontanément de cadavres d'animaux. 

Dans les textes de l'ancienne Egypte, les abeilles sont nées des larmes du Dieu solaire Râ. En tombant sur le sol, elles se transformèrent en abeilles, qui construisirent des rayons et fabriquèrent du miel.

Les symboles de l'abeille : 

Ouvrières de la ruche, les abeilles sont le symbole d'une communauté industrieuse et prospère gouvernée par la reine. D'où leur symbolisme royal et impérial, en France et dans l'ancienne Egypte associée au Dieu solaire Râ. Trois cent abeilles d'or furent découvertes dans le tombeau de Childéric 1er (an 481), témoignant que la ruche était le modèle de la monarchie absolue. Napoléon 1er souhaitait que l'abeille soit un motif omniprésent, sur ses tapis comme sur son manteau de sacre. 

Mais aussi animatrices de l'univers entre terre et ciel, les abeilles symbolisent le principe vital, elles matérialisent l'âme. Dans la religion grecque, l'abeille est parfois identifiée à Demeter, déesse de la terre et des récoltes, où elle figure l'âme descendue aux Enfers. Ou bien elle est l'âme qui s'envole du corps, comme dans les traditions de Sibérie, d'Asie Centrale ou chez les indiens d'Amérique du Sud. 

Figuration de l'âme, l'abeille remplit un rôle initiatique et liturgique. Elle est l'un des attributs majeurs de la déesse Artémis, et ses prêtresses vierges sont appelées "melissai" (abeille). Symbole de résurrection, on la trouve figurée sur les tombeaux en tant que signe de survie post-mortuaire. La saison où elle semble disparaître -les trois mois d'hiver- est rapprochée des trois jours durant lesquels le Christ mort est invisible, juste avant de ressusciter. Chez les Celtes, qui buvaient l'hydromel, ou dans les traditions galloises, l'abeille évoque les notions de sagesse et d'immortalité de l'âme. 

"Rien ne ressemble à une âme comme une abeille, 

elle va de fleur en fleur comme une âme d'étoile en étoile, 

et elle rapporte le miel comme l'âme rapporte la lumière"
(Victor Hugo, Quatre-Vingt-Treize) 

Les abeilles symbolisent également l'éloquence, la parole et l'intelligence. En hébreu le nom de l'abeille Dbure vient de la racine Dbr, parole. Elles se posent sur la bouche de Platon, enfant, "annonçant la douceur de son éloquence enchanteresse" (Pline) ou encore sur les lèvres de Saint Ambroise, patron des apiculteurs. Pour Virgile, elles possèdent une parcelle de l'intelligence divine et la célèbre Phytie d'Appolon était aussi nommée "l'abeille de Delphes". Dans certains textes de l'Inde, l'abeille représente l'esprit s'enivrant du pollen de la connaissance. 

Enfin par son miel et par son dard, l'abeille est considérée comme l'emblème du Christ : d'un côté sa douceur et sa miséricorde, de l'autre l'exercice de sa justice en tant que Christ-juge. 

Le miel : 

Aliment premier, à la fois nourriture et boisson, à l'image du lait auquel il est souvent associé, le miel est dans toutes les traditions d'abord symbole de richesse et de douceur. Dans les textes sacrés d'Orient et d'Occident, lait et miel coulent en ruisseaux sur toutes les terres promises. Les traditions celtes célèbrent l'hydromel comme boisson d'immortalité. Comme dans la mythologie grecque, où il est le breuvage des Dieux de l'Olympe. Symbole de connaissance, de savoir et de sagesse, il est l'aliment réservé aux élus, aux initiés, aux êtres d'exception, dans ce monde comme dans l'autre. La tradition grecque veut que Pythagore ne se soit nourri, sa vie durant, que de miel. 

Tous les grands prophètes font référence au miel dans les Ecritures, la Parole est du miel, il représente la douceur, la justice, la vertu et la bonté divine. Le Coran parle en termes sacrés des abeilles et du miel : "le miel est le premier bienfait que Dieu a donné à la Terre." Virgile appelle le miel le don céleste de la rosée, la rosée étant elle-même symbole d'initiation. Le miel en viendra aussi à désigner la béatitude suprême et l'état de nirvâna. Symbole de toutes les douceurs, le miel de la connaissance fonde le bonheur de l'homme. 

La perfection du miel en fait un élément majeur dans de nombreux rituels religieux. Pour les Egyptiens, il provient des larmes du dieu Râ et fait partie de toutes les offrandes religieuses de l'Egypte pharaonique. En Islam, selon le Prophète, il rend la vue, conserve la santé et ressuscite les morts. Chez les indiens d'Amérique, il joue un grand rôle dans les cérémonies et les rituels d'initiation et de purification. Nourriture inspirante, il a donné le don de la poésie à Pindare et celui de la science à Pythagore. 

Dans la pensée psychanalytique moderne, le miel symbolise le "Moi supérieur", ultime conséquence du travail intérieur sur soi-même.

 
Abeille: Innombrable, organisée, laborieuse, disciplinée, infatigable, l'abeille ne serait qu'une autre fourmi, comme elle symbole des masses soumises à l'inexorabilité du destin -homme ou dieu- qui l'enchaîne, si, de surcroît, elle n'avait des ailes, un chant, et ne sublimait en miel immortel le fragile parfum des fleurs. Ce qui suffit à côté du temporel, à conférer une haute portée spirituelle à son symbolisme. Ouvrières de la ruche, cette maison bourdonnante les compare plus naturellement à un joyeux atelier qu'à une sombre usine, les abeilles assurent la pérennité de l'espèce, mais aussi, prises individuellement en tant qu'animatrices de l'univers entre terre et ciel, elles en viennent à symboliser le principe vital, à matérialiser l'âme. C'est ce double aspect -collectif et individuel, temporel et spirituel- qui fait la richesse de leur complexe symbolique, partout où il est attesté. Commentant Proverbes, 6, 8 : Va voir l'abeille et apprends comme elle est laborieuse, saint Clément d'Alexandrie ajoute: Car l'abeille butine sur les fleurs de tout un pré pour n'en former qu'un seul miel (Stromates, 1). Imitez la prudence des abeilles, recommande Théopepte de Philadelphie, et il les cite comme un exemple, dans la vie spirituelle des communautés monastiques.

Pour les Nosaïris, hérésiarques musulmans de Syrie, Ali, lion d'Allah est le prince des abeilles, qui selon certaines versions, seraient les anges, et selon d'autres, les croyants: les vrais croyants ressemblent à des abeilles qui se choisissent les meilleures fleurs (HUAN, 62).

Dans le langage métaphorique des derviches Bektachi, l'abeille représente le derviche, et le miel est la divine réalité (le Hak) qu'il recherche (BIRD, 255). De même dans certains textes de l'Inde, l'abeille représente l'esprit s'enivrant du pollen de la connaissance.

Personnage de fable pour les Soudanais et les habitants de la boucle du Niger, elle est déjà symbole royal en Chaldée, bien que ne la glorifie le Premier Empire français. Ce symbolisme royal ou impérial est solaire, l'ancienne Égypte l'atteste, d'une part en l'associant à la foudre, d'autre part en disant que l'abeille serait née des larmes de Ré, le dieu solaire, tombées sur la terre.

Symbole de l'âme, elle est parfois identifiée à Déméter dans la religion grecque, où elle peut figurer l'âme descendue aux Enfers; ou bien, au contraire, elle matérialise l'âme sortant du corps. On la retrouve au Cachemire et au Bengale, et dans de nombreuses traditions indiennes d'Amérique du Sud, ainsi qu'en Asie centrale et en Sibérie. Platon, enfin, affirme que les âmes des hommes sobres se réincarnent sous forme d'abeille.

Figuration de l'âme et du verbe -en hébreu le nom de l'abeille, Dbure, vient de la racine Dbr parole- il est normal que l'abeille remplisse aussi un rôle initiatique et liturgique. A Eleusis et à Ephèse, les prêtresses portent le nom d'abeilles. Virgile a célébré leurs vertus.

On les trouve figurées sur les tombeaux, en tant que signes de survie post-mortuaire. Car l'abeille devient symbole de résurrection. La saison d'hiver -trois mois- durant laquelle elle semble disparaître, car elle ne sort pas de sa ruche, est rapprochée du temps -trois jours- durant lequel le corps du Christ est invisible, après sa mort, avant d'apparaître à nouveau ressuscité.

L'abeille symbolise encore l'éloquence, la poésie et l'intelligence. La légende concernant Pindare et Platon (des abeilles se seraient posées sur leurs lèvres au berceau) est reprise pour Ambroise de Milan; les abeilles frôlent ses lèvres et pénètrent dans sa bouche. Le propos de Virgile selon lequel les abeilles renferment une parcelle de la divine Intelligence reste vivant chez les chrétiens du Moyen Age. On retrouve ici la valeur symbolique du bourdonnement, véritable chant, de l'abeille.

Un sacramentaire gélasien fait allusion aux qualités extraordinaires des abeilles qui butinent les fleurs en les frôlant sans les flétrir. Elles n'enfantent pas: grâce au travail de leurs lèvres elles deviennent mères; ainsi le Christ procède-t-il de la bouche du Père.

Par son miel et par son dard, l'abeille est considérée comme l'emblème du Christ: d'un côté, sa douceur et sa miséricorde; et de l'autre, l'exercice de sa justice en tant que Christ-juge. Les auteurs du Moyen Age évoquent souvent cette figure; pour Bernard de Clairvaux elle symbolise l'Esprit Saint. Les Celtes se réconfortaient avec du vin miellé et de l'hydromel. L'abeille dont le miel servait à faire de l'hydromel ou liqueur d'immortalité, était l'objet, en Irlande, d'une étroite surveillance légale. Un texte juridique moyen-gallois dit que la noblesse des abeilles vient du paradis et c'est à cause du péché de l'homme qu'elles vinrent de là; Dieu répandit sa grâce sur elles et c'est à cause de cela qu'on ne peut chanter la messe sans la cire. Même si ce texte est tardif et d'inspiration chrétienne, il confirme une tradition très ancienne dont le vocabulaire offre encore les traces (le gallois cwyraidd de cwry cire signifie parfait, accompli et l'irlandais moderne céir-bheach, littéralement cire d'abeille, désigne aussi la perfection). Le symbolise de l'abeille évoque donc chez les Celtes comme ailleurs, les notions de sagesse et d'immortalité de l'âme (CHAB, 857sqq; REVC, 47, 164-165).

L'ensemble des traits empreintés à toutes les traditions culturelles dénote que, partout, l'abeille apparaît essentiellement comme douée d'une nature ignée, c'est un être de feu. Elle représente les prêtresses du Temple, les Pythonisses, les âmes pures des initiés, l'Esprit, la Parole; elle purifie par le feu et elle nourrit par le miel; elle brûle par son dard et illumine par son éclat. Sur le plan social, elle symbolise le maître de l'ordre et la prospérité, roi ou empereur, non moins que l'ardeur belliqueuse et le courage. Elle s'apparente aux héros civilisateurs, qui établissent l'harmonie par la sagesse et par le glaive.

 

'abeille, modeste insecte, est remar­quable par plusieurs qualités positives dont elle est le symbole : laborieuse, elle organise une société modèle, fondée sur le travail, et, généreuse, donne aux hommes son miel délicieux.

 

Les sept abeilles des armoiries de La Chaux-de-Fonds sont-elles symbole maçonnique?

Révolution de 1848. La principauté prussienne de Neuchâtel devient une République indépendante et un canton suisse à part entière.

La jeune république se dote d’un nouveau drapeau et la ville de la Chaux-de-Fonds de nouvelles armoiries, dont la symbolique frappe par ses connotations maçonniques.

L’histoire nous révèle que la Révolution neuchâteloise de 1848, partie de La Chaux-de-Fonds, comptait plusieurs francs-maçons parmi ses chefs dont, notamment, le fabricant d’horlogerie et ancien officier d’artillerie, Fritz Courvoisier, et l’avocat Alexis Marie Piaget qui deviendra le premier Président de la jeune République.

Ces francs-maçons qui participèrent à la formation du nouveau gouvernement ont-ils eu une influence sur le choix des couleurs du nouveau drapeau neuchâtelois ?

Les francs-maçons qui faisaient partie du Conseil municipal de La Chaux-de-Fonds en 1851 ont-ils eu une influence sur le choix des nouvelles armoiries de la Ville ?

Les archives, tant maçonniques qu’officielles, restent muettes sur les raisons et les protagonistes de ces choix.

En revanche, bien que les preuves historiques fassent défaut, les symboliques héraldiques et maçonniques exprimées par ce drapeau et ces armoiries sont extrêmement parlantes et laissent à penser que ces choix aurait bien pu être délibérés.

 

Alexis-Marie Piaget

La symbolique maçonnique des armoiries de La Chaux-de-Fonds

La ruche entourée d’abeilles est un symbole fort de la franc-maçonnerie, notamment par son allusion à la lumière solaire et au travail des abeilles qui aboutit au miel, symbole d’immortalité.

On la retrouve comme emblème sur de nombreux tabliers de Maitres francs-maçons du XVIIIe siècle à la fin du XIXe.

La Ruche, miroir du Temple maçonnique, et les abeilles, miroirs des francs-maçons qui l’habitent, symbolisent, par la transmutation du pollen en miel, l’action de la lumière initiatrice qui fait passer l’âme humaine de la dissipation dans les vaines mondanités (butinant de fleur en fleur) à la concentration mystique (le miel) lui permettant d’entrevoir le divin.

La ruche et les abeilles sont généralement associées au travail du Maçon sur soi-même et sont presque toujours accompagnées de la devise, écrite en alphabet secret maçonnique: « Le travail vient à bout de tout. »

La symbolique ne varie pas, que la ruche soit fermée ou entourée d’abeilles (car fermée ne veut pas dire vide).

Le nombre sept, nombre des abeilles entourant la ruche sur les armoiries de La Chaux-de-Fonds, a bien sûr une valeur maçonnique particulière, puisqu’il est attaché au grade de Maître franc-maçon et correspond, entre autres, aux degrés de connaissance que ce dernier a dû gravir pour accéder à son statut.

 

Tablier avec ruche: un peu d’héraldique

Les meubles d’un écu, en héraldique, sont par définition mobiles, contrairement aux pièces honorables qui, elles, répondent à des règles strictes. C’est ainsi que le nombre des abeilles n’avait pas été défini de manière explicite, tant dans l’arrêté du Conseil général de 1851, année de la naissance des nouvelles armoiries à la ruche, que dans ceux de 1888 et 1975.

Mais il semble, d’après la reproduction d’un sceau de 1851 que le nombre des abeilles ait été de sept à l’origine, pour être confirmé ensuite en 1888 et 1975.

Le symbole de la ruche n’existe pas qu’en franc-maçonnerie et il peut très bien avoir été suggéré pour la raison très simple que la cité des Montagnes neuchâteloises était une ville industrieuse.

Néanmoins, il y a quelque chose de curieux dans la construction de ces nouvelles armoiries qui placent une ruche d’or sur champ d’argent. Elles ne sont pas conformes aux règles héraldiques qui stipulent que l’on ne doit pas placer couleur sur couleur ni métal sur métal (or sur argent ou inversement). En 1851, ces règles étaient bien sûr toujours appliquées. Il y aurait donc eu volonté de la part des concepteurs de créer des armes à « enquerre », c’est-à-dire dont il faut s’enquérir du pourquoi de leur non-respect des règles.

Serait-ce pour marquer le passage de la société aristocratique à la société républicaine, en reniant volontairement les règles de l’ancienne héraldique établies par l’aristocratie, justement, ou serait-ce plutôt une autre manière de le dire en marquant la victoire par une ruche, ce symbole des philosophes du Siècle des Lumières? Difficile de répondre...

 

Armoiries de 1851

Une autre façon de « blasonner »

On pourrait toutefois trouver une nouvelle allusion à la franc-maçonnerie par une lecture différente de cette partie des armoiries: en la lisant « par peinture », comme Rabelais suggérait de lire les blasons.

C’est-à-dire, non pas en blasonnant (selon le langage héraldique), mais, pour découvrir leur secret, en remplaçant les termes usités pour les couleurs ou les métaux par ceux du langage vulgaire (l’art Goth) et les figures par ce qu’elles symbolisent. C’est ainsi, par exemple, que gueules (rouge) devient « règne », azur (bleu) devient « baille » (jeu de mots avec « la grande baille », la mer; mais baille veut dire aussi bailler, bailly…), etc..

Partant de ce principe, la ruche avec les abeilles étant un symbole royal (voire impérial sous Napoléon) reconnu par tout un chacun, il est facile de jouer sur les mots à la façon de Rabelais.

Et, une première lecture rapide donnerait: « argent royal » ou « royal argent », ce qui reste un peu hermétique au profane, mais devient très évident pour un franc-maçon car, en croisant les termes, on obtient sans même y réfléchir: les « gens de l’art royal ». Or, les gens de l’Art Royal ou qui pratiquent cet art sont justement les francs-maçons, représentés ici par les abeilles qui, au nombre de sept, précisent encore qu’il s’agit des Maîtres francs-maçons.

Cette interprétation offre également l’avantage de nous expliquer pourquoi la ruche a été placée au centre, alors qu’il aurait été plus simple de la placer en pointe, si l’on considère la forme et la composition des anciennes armoiries de 1824.

 

Armoiries de 1824

Quel est donc le sens maçonnique des armoiries à la ruche 

de La Chaux-de-Fonds ?

En réalité, la disposition centrale de la ruche allait permettre de donner à ces armoiries un sens symbolique entièrement maçonnique, faisant de la ville de La Chaux-de-Fonds l’équivalent du siège du futur Temple de l’Humanité à l’édification duquel travaillent les francs-maçons.

L’explication en est simple:

1. Les onze carrés bleus, censés représenter les onze quartiers historiques de l’ancienne circonscription, constituent, de par leur figuration en damier de carrés bleus et blancs, ce que les francs-maçons appellent le Pavé mosaïque (symbole du monde profane avec ses contradictions) et qui figure généralement à l’entrée de la Loge.

2. La ruche et les abeilles, nous l’avons vu, symbolisent le Temple maçonnique et les francs-maçons, mais aussi le Temple futur de l’Humanité auquel oeuvrent les « abeilles » pour qu’il en sorte du miel.

3. Le chef de l’écu, au champ d’azur à trois étoiles d’argent à cinq branches, symbolise la voûte céleste chère aux francs-maçons, où est censé résider le Grand Architecte de l’Univers et qui constitue le toit (ciel) de la Loge ou du Temple.

Tout est dit..

 

L'abeille d'Athènes

 

Symbole de la royauté en Egypte, elle serait née des larmes du dieu-soleil Ré. En Grèce, le miel aurait été «inventé» par Dionysos (qui élabore aussi le mode de construction des ruches) au même titre que le vin. Le miel est l'une des composantes de la nourriture des dieux, l'ambroisie, et les paroles de miel des orateurs valaient le titre d'«abeille d'Athènes» au vainqueur des concours d'éloquence. Les prêtresses d'Eleusis, servantes de Déméter, étaient assimilées à des abeilles, et les mystes (futurs initiés) recevaient du miel sur les mains et la langue au cours d'un rituel de purification. Pourtant, la piqûre de l'abeille est fort douloureuse. Les Grecs y assimilent la piqûre de l'amour, infligée par les flèches d'Éros, comme le raconte un joli poème anacréontique, 

l'Amour piqué par une abeille.

 

Un symbole chrétien

 

Dans le monde chrétien, l'abeille symbolise à la fois la douceur et la miséricorde (le miel), ainsi que les souf­frances (la piqûre) du Christ. Au Moyen Age, la communauté monatique sera comparée à la ruche, modèle d'ordre, de propreté et d'obéissance à la règle. La ruche est un attribut de saint Bernard de Clairvaux. En outre, l'abeille est un symbole de chasteté, car on pensait qu'elle se reproduisait par parthénogenèse.

 

Un emblème politique

 

Louis XII (1498-1515) prit pour devise personnelle l'abeille. Se comparant au «roi des abeilles», roi unique pourvu d'un aiguillon stérile, il voulait donner l'image d'un monarque absolu et pacifique.

 

 

L’Abeille : BIT ou Bia au féminin, on la nomme souvent "mouche à miel"ce qui était aussi un des noms de Bastet-Sekhmet, particulièrement dans le mythe de la lointaine.

L’insecte est présent depuis l’époque Nagada(-7000), le miel était considéré comme un produit luxueux qui servait à l’élaboration de parfums d’onguents et de médicaments. Les Sementiou étaient un corps d’élite de l’armée royale, spécialisé dans le désert, ils cherchaient les carrières de pierres, les plantes médicinales, et faisaient la récolte du miel sauvage. Quand on mettait du miel sur une table d’offrande, il devait être obligatoirement sauvage.

Sur la table d’offrande, il est défini comme un produit de la Maat.

La magie utilisait la cire d’abeille, pour les rites d’exécration tel l’anéantissement des ennemis.

Les prêtres Min portaient le titre de "gens de l’abeille", car ils confectionnaient un espèce de vernis noir à base de miel et de goudron, dont on enduisait les statues divines des Ntr noirs (une fois par an le roi devait se rendre dans le temple d’Akhmin pour noircir la statue du dieu Min, n’oublions pas que Kemet est un pays noir ; on noircissait les statues par rapport à l’âme profonde de kemet

Dans le rituel de fondation du temple, une prêtresse de Nout jouait de la flûte pour" appeler les abeilles", réitérant un acte de la déesse ciel qui s’était servie d’un roseau plein d’abeilles pour tracer au sol les limites d’un Téménos.

Dans les Textes des Pyramides il est dit que Nout sortit du ventre de sa mère Tefnout sous la forme d’une abeille.

A Iounou Héliopolis, le Temple de Nout se nommait HWt-Bitty, le "château de l’abeille" ou du roi du Nord. Dans sa crypte vivait l’œil de Rê sous la forme d’une abeille protectrice de la monarchie pharaonique. Le royaume du Nord serait issu de Saïs la ville de Neith, en règle générale la noblesse du Nord de l’époque Thynite à l’époque Romaine portait le titre de "Chancelier de Bity" qui était le noble du Nord par excellence.

Dans le protocole royal, on dit toujours Ni Swt Bity, on cite toujours le Sud avant le Nord alors que dans le domaine funéraire, c’est l’inverse.

La saga Osirienne, évoque cet épisode où Isis cache l’enfant Hor dans les marécages de Khemmis, (le Caire) dans un fourré nommé "le massif de papyrus verdoyant de l’abeille".

Le bourdonnement de l’abeille était un moyen de communication avec les entités spirituelles. Dans certains rituels d’Athor Sekhmet on a trouvé des officiants qui ne parlaient pas mais imitaient le bourdonnement de l’abeille, la 8ème heure de la Douat est dominée par le bourdonnement des abeilles, et dans les heures de la Douat, on a l’impression que le voyageur ne se dirige pas à la vue, mais aux sons.

Et comment ne pas évoquer le Ni-Swt-Bity dans le nom du roi : "celui qui appartient au jonc et à l’abeille" mais cela fera l'objet d'un autre article, ce qui ne nous empêche pas d'être interpellé par cette abeille d'or qui blasonne les Rois de France.