Le droit de ne plus vivre - SOUS L'ACACIA

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(Le Temps) Yvan Mudry, journaliste et traducteur, déplore la banalisation du suicide assisté. Il préférerait qu’on s’interroge sur la meilleure façon d’accompagner les personnes âgées. Je crois entendre le cri d’alarme de l’Eglise catholique, qui, au nom des mêmes valeurs d’amour et de respect de la vie se montre rétive au droit de ne plus vivre. Mais accepter de laisser partir un autre, c’est aussi respecter sa vie. Il y a un lâcher prise salutaire.

Le plus souvent, ceux qui souhaitent une "mort digne", souhaitent, grâce à une interruption
volontaire de la vie, éviter l’ensemble des dégradations physiques et mentales qui accompagnent bien souvent la vieillesse et l’approche de la mort.

En Suisse, la loi distingue entre l’euthanasie active directe, qui est interdite, et l’ « assistance au suicide » qui, « sauf motif égoïste », n’est pas condamnable. Un médecin peut fournir à une personne condamnée qui désire mettre fin à ses jours une dose mortelle d’un médicament. Dans la pratique, ce sont souvent des associations qui organisent l’aide au suicide.

Selon une étude publiée par la revue britannique The Lancet en août 2003 et portant sur 20000 décès dans six pays européens, 51% des décès en Suisse résultent d’une décision médicale visant à abréger l’agonie des patients. Cette proportion est de 36% en Suède, 38% en Belgique, 41% au Danemark, 44% aux Pays-Bas et 23% en Italie.

En Suisse, la volonté première d'EXIT A.D.M.D. est de lutter contre l'acharnement thérapeutique, de faire reconnaître les droits du patient en demandant le respect de sa volonté et de son choix face à sa mort. Nombre de nos parents ou proches se sont vus refuser dans les dernières phases d'une difficile maladie ou à l'issue d'une longue vieillesse, de mourir lorsqu'ils l'avaient lucidement décidé. Ils ont été maintenus dans des conditions indignes, qu'ils auraient auparavant catégoriquement refusées.
Nous ne voulons ni subir un tel sort ni le voir infliger à nos proches. D'où notre volonté d'obtenir une aide à mourir lorsque nous le réclamerons, le jour venu.
EXIT A.D.M.D. affirme donc, en accord avec une grande partie de la population suisse :
- le droit pour chacun de choisir sa manière de vivre les dernières étapes de sa vie,

- le droit du malade d'être maître des dernières étapes de sa maladie,
- le droit à une mort digne et humaine.
EXIT A.D.M.D. lutte pour :
- garantir le droit à l'autodétermination de chaque individu

- faire respecter les directives anticipées de la personne

- supprimer la souffrance inutile

- lutter contre tout abus lié à l'acharnement thérapeutique

- faire reconnaître le droit du patient sur sa propre mort

- permettre que le droit de mourir dans la dignité soit appliqué :


- en faisant respecter la déclaration pour une mort digne et humaine

- en fournissant aux membres d' EXIT A.D.M.D. sur leur demande expresse, un "Guide d'autodélivrance pour une fin de vie choisie", qui aborde tous les problèmes entourant l'acte d'autodélivrance

- en aidant les membres d' EXIT A.D.M.D. dans les dernières étapes de la vie, et en accord avec le Code pénal, en aidant les membres d'EXIT à mettre fin à leur existence s'ils remplissent certaines conditions: capacité de discernement maladie organique incurable avec pronostic fatal, souffrances intolérables, invalidité complète, demandes répétées.
Les membres d' EXIT A.D.M.D. exigent donc le droit et la possibilité de refuser un éventuel acharnement thérapeutique au cas où celui-ci leur paraîtrait abusif, par exemple si une thérapie a pour but de prolonger de quelques jour ou de quelques semaines une agonie irréversible et douloureuse, ou pour obtenir la survie, contre sa volonté, d'un malade ou d'un blessé condamné à un handicap très grave définitif. Ils demandent également le droit d'être à l'abri de la douleur. Ces buts sont exprimés dans le "Testament biologique" ou "Directives anticipées", que reçoivent les membres de l'association.